Main basse sur le pétrole du Congo

Avanti populo!

Main basse sur le pétrole du Congo

statue

C’est DIG Oil, une société sud-africaine qui a obtenu l’autorisation d’exploiter du pétrole dans le Parc de la Salonga. Cette société sud-africaine n’est qu’une société prête-nom d’une société britannique.

Tout d’abord, Kabila avait refusé. Il a tenu bon pendant longtemps. Il y avait des pressions internationales pour empêcher cette exploitation. Le Parc, un des plus vieux du Congo, est protégé. Et puis, il y a deux an environ, avant les élections, Kabila a annoncé que le Congo allait produire du pétrole et qu’on allait résoudre tous les problèmes du Congo. Il a essayé de faire croire aux Congolais que les choses allaient changer grâce au pétrole. Personne n’y a cru bien sûr. Tous les politiciens africains disent la même chose à la veille des élections. Mais on sait bien comment ça va. On ruine un pays. On le détruit. Et puis on exploite ses ressources quasiment sans rien lui donner. Tout était cousu de fil blanc. Sauf les gisements pétrolifères qui existent bel et bien. Kabila a essuyé d’énormes pressions. Saisie des avoirs de ses collaborateurs sur leurs comptes à l’étranger. Menaces de la part des compagnies pétrolières. On sait comme ces menaces sont problématiques pour des pays sous-développés. Cela peut aller très loin. Jusqu’à faire assassiner un président, et bien sûr plein d’autres personnes. Peut-être a-t-il espéré faire d’une pierre deux coups. La Chambre de commerce international qui est située à Paris a également exercé des pressions pour que le Congo cesse de mettre des bâtons dans les roues à la susdite compagnie pétrolière sud-africaine. Kabila aurait «craqué». Il a essayé de rester dans la course. Son but a été de retarder la prise de pouvoir par l’opposition congolaise, de négocier le plus possible pour éviter un scénario à la Pinochet, ou presque pire encore, à la Amin Dada. Nul ne s’en souvient. C’est tellement loin à présent. Mais ce sont les diplomates anglais qui ont mis Amin Dada au pouvoir. Ne parlons même pas de Pinochet.

Tous les scrutins électoraux sont compliqués en Afrique. En particulier au Congo. Chaque fois, des tentatives de putsch se produisent. Cette fois encore, une guerre civile semblait prête à éclater au Congo. Les puissances interventionnistes occidentales étaient prêtes à provoquer une guerre civile si elles n’obtenaient pas ce qu’elles voulaient, autrement dit le départ de Kabila, le pétrole et bien d’autres choses. Les Américains ont bien entendu envoyé des troupes au Gabon et se disaient prêts à intervenir soi-disant pour mettre leurs ressortissants en sécurité.

Rien ne dit que les pays occidentaux ne seraient pas intervenus, même sans mandat de l’O.N.U.. Ils ne sont pas à cela près. La situation internationale est très tendue. Si une autre guerre civile éclate, ils pourront vendre des armes, diviser et se partager le Congo, exploiter sans limite tout ce qu’ils veulent.

Exploiter du pétrole dans cette région, ce serait pire encore qu’en exploiter à l’Est du Congo. Ce n’est pas n’importe quelle région. Il s’agit de la plus grande forêt primaire africaine. Son patrimoine est classé. Tout le monde sait quels dégâts extraordinaires a causé la société Shell en exploitant du pétrole au Nigéria. Cette exploitation a détruit en partie le richissime delta du Niger sur le plan écologique. Idem de l’exploitation du pétrole en Amazonie en Équateur par la compagnie américaine Chevron. Là, l’exploitation pétrolière a contribué à exterminer des tribus indiennes. Chevron avait été condamné par un tribunal à verser des indemnités importantes aux Équatoriens. Mais il ne les a jamais versées. Au contraire, la société s’est retournée contre l’avocat qui avait permis à l’Équateur de gagner son procès. Ce dernier a été confronté à des hordes d’avocats, de procès, et il se promène actuellement avec un bracelet électronique.

La forêt équatoriale en Équateur, et, bien sûr, au Brésil, la forêt primaire indonésienne, celle de Bornéo, toutes ont été partiellement détruites, soit à cause de l’exploitation du pétrole, soit pour fabriquer des biocarburants. Et maintenant il s’agirait de détruire la grande forêt primaire africaine, de saccager deux régions incomparables d’Afrique équatoriale.

Les O.N.G. sont muettes. Alors que lorsqu’il s’est agi d’exploiter du pétrole dans l’océan Arctique, à quelques centaines de kilomètres des côtes russes, elles se sont mobilisées pendant des mois et ont fait énormément de bruit. Dans ce cas-ci, c’est le silence radio. Personne ne pipe mot.

Les banques se frottent les mains. Elles n’attendaient que cela.

On ne va pas se contenter de détruire l’Est du Congo. On va détruire entièrement ce pays. On l’a déjà tellement martyrisé.

Pétrole signifie armes, guerre, guerre civile, interventions. Il suffit de regarder ce qui se passe en Irak, au Yemen, à cause de l’Arabie saoudite, en Syrie, en Libye. Au Venezuela aussi, la situation est plus que tendue. L’Iran se fait régulièrement menacer par les états-Unis. On a évité de peu une guerre mondiale il y a quelques jours. En Angola, autre grand producteur de pétrole, vingt années de guerre au moins, des millions de mines anti-personnelles éparpillées sur le territoire, ont été nécessaires pour empêcher les multinationales de décider de tout à la place des gens.

 

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