Régi

Avanti populo!

Régi

Insignifiant, et agressif en même temps. Tempêtant comme un possédé au sujet du mouvement contre le réchauffement du climat. Mais surtout s’efforçant de s’en prendre à moi qui m’occupe en général d’autre chose. Si encore, il le faisait pour de bonnes raisons, mais c’est creux à l’envi.

Il y a de bonnes raisons de le faire, mais il est incapable de les trouver et de les exprimer. Il préfère accuser les autres d’être intellectuellement des paresseux. Bref, de ce qu’il est lui-même.
Peut-être est-ce une mode bruxelloise? J’ai souvent observé cela dans des cercles militants bruxellois. La manie de certains de s’en prendre à quelques-uns pour essayer de terroriser les autres. Il n’est pas le seul activiste bruxellois dans le cas. J’ai eu affaire ce vendredi au blabla de quelques militants bruxellois venus faire part à Liège de leur rôle exceptionnel au sein du mouvement pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Je suis convaincu que ces types n’ont pas démoli le seul documentaire cohérent concernant ce révolutionnaire (Fedayin) pour saboter le mouvement, mais à cause d’une sorte de déformation. Peut-être cette attitude est-celle devenue une sorte de must dans certains milieux militants relativement ignorants, prompts à en imiter d’autres, ou portés sur le sabotage, voire récupérés par l’une ou l’autre organisation pro-capitaliste toute puissante. Certains sont aussi motivés psychologiquement par la peur que d’autres essaient de leur voler leur rôle, de les contrôler par la même méthode. Ou seulement par le besoin instinctif de jouer un rôle de premier plan (ironique!). À cause du besoin irrépressible et absurde, fascisant, d’exercer un rôle de leadership. Peut-être à cause de leur incapacité à y parvenir.

D’où le sabotage dans un cas et les insultes dans l’autre. Les fascistes essaient souvent de se faire passer pour des purs, pour des activistes, en tentant d’en terroriser d’autres, de les humilier.
Selon Régi, le mouvement pour le climat est pro-système. Selon lui, je défendrais le système. Je serais passé de son côté. De fait, je passe beaucoup de temps avec des gens qui sont complètement inféodés au dit système. Il est difficile de faire autrement. Mais Régi ne fait pas état d’autre argument. Il s’appuie toujours sur le même principe: l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère ne provoque pas de réchauffement climatique. Il y a trop de vapeur d’eau dans l’atmosphère. L’argument est mauvais. Il ne tient pas la route. La seule chose de sûre dans cette théorie du climat, c’est justement le fait que le climat varie avec le taux de CO2 dans l’atmosphère. Mais il est un fait qu’il y a eu des périodes plus froides avec un taux de CO2 plus important qu’il ne l’est aujourd’hui. Mais la composition de l’atmosphère était différente. Le rayonnement solaire n’était peut-être pas non plus tout à fait le même. Il se fait que d’autres influences, notamment l’activité solaire, ou volcanique, peuvent masquer ce réchauffement potentiel et qu’elles permettent aux climato-sceptiques de plastronner. Mais bonjour les dégâts quand ces diverses influences s’aligneront pour réchauffer le climat : radiance solaire, taux de gaz à effet de serre, activité volcanique, destruction des sols et des forêts, disparition du plancton. Le choc sera radical. Comment ne pas comprendre l’engouement des fascistes occidentaux pour la Sibérie ?

Mais mon but n’est pas de défendre l’idéologie du réchauffement climatique, ni même d’en débattre. Il est de comprendre ce qui ne fonctionne pas dans cette idéologie et son impact sur d’autres luttes qui me tiennent davantage à cœur. L’idéologie climato-sceptique ne fonctionne pas, mais pour d’autres raisons que la raison élémentaire invoquée par Régi.

Les tenants du réchauffement soutiennent toutes les aberrations, les entreprises militaristes, les obsessions vaccinatoires du système. Ce sont, de fait, le plus souvent, d’ardents défenseurs du système. En gros, ils critiquent les multinationales, mais en dehors de ce qui concerne leur rôle dans le réchauffement du climat, ils n’ont rien contre les multinationales, contre le capitalisme. Contre la démocratie. Ce sont souvent d’ardents démocrates. Ils servent à maintenir la fiction d’une opposition au sein du capitalisme. Mais cette opposition ne va pas jusqu’à recommander autre chose qu’une meilleure régulation du marché sur le plan environnemental. Et encore : seulement dans la mesure où cela limite le réchauffement du climat. Le courant dominant au sein des tenants de la thèse du réchauffement du climat ne sont pas des anticapitalistes. Le problème est là. Une portion de ce courant profite même de la lutte contre le réchauffement climatique pour se faire passer du bout des lèvres pour des anticapitalistes. Une fraction importante des anticapitalistes est climato-sceptique pour cette seule raison.

Une autre fraction des anticapitalistes veut simplement plus de travail. Aux USA, les syndicats sont favorables aux projets d’exploitation de la fraction hydraulique et de gazoduc à travers le Dakota parce qu’ils permettaient de fournir du travail à des Américains. Certains sont favorables au prolongement de la guerre en Ukraine pour les mêmes raisons. Parce qu’elle fait tourner l’industrie de l’arment, m ais aussi celle des schistes bitumineux de l’Alberta et incite à utiliser la fraction hydraulique, en particulier dans les rares territoires laissés aux Indiens dans le Dakota, laquelle fraction hydraulique nécessite beaucoup de main d’œuvre. Biden ne veut pas être celui qui met fin aux espoirs de nombreuses familles ouvrières américaines en mettant fin à la guerre en Ukraine, bref en cessant de soutenir une clique de néo-nazis ultranationalistes portés sur des projets d’épuration ethnique et sur l’enrichissement rapide et les détournements de fonds, sans parler de la guerre.

La lutte contre le réchauffement climatique prend souvent pour cible des compagnies pétrolières, mais en recourant aux deux poids deux mesures. Pour le moment, elle critique l’acheminement du gaz russe par tankers en Europe. Mais elle ne critique pas l’acheminement du gaz américain beaucoup plus coûteux et néfaste sur un plan environnemental. Elle est resté muette devant le sabotage des gazoducs russes qui force à recourir à la technique de liquéfaction du gaz pour le transporter. Elle ne critique pas non plus la destruction du Serengeti par une compagnie pétrolière française. Ou à peine. Pourtant, le crime est total. C’est le cas de le dire. Le Serengeti est un fleuron de la diversité naturelle. Il fait la gloire d’un peuple que le colonialisme a systématiquement réduit ou anéanti en saccageant son environnement. On dirait que tout cela est, sinon calculé, du moins instinctif. Sans doute est-ce l’un et l’autre.

L’Occident éprouve le besoin de détruire l’environnement aux quatre coins du monde pour réduire le reste du monde à la misère. Non seulement l’Occident est le plus grand émetteur de gaz à effets de serre, mais il détruit la nature et l’environnement dans le reste du monde à une échelle jamais vue. Tout cela au nom de la liberté des échanges, de marché. Les richesses naturelles des autres continents l’agacent. La richesse des autres l’agace en général. Sauf celle des nababs pétroliers qui servent également à discréditer le Tiers-monde. D’où l’idéologie de l’environnement, et en particulier celle du climat, servant d’écran, servant de couverture à ces destructions systématiques. Servant à en imputer la responsabilité à l’« humanité ». À poser au défenseur de l’environnement. C’est très important, cela : exercer un leadership dans le domaine de la lutte pour l’environnement de manière à contrôler ceux qui le défendent, en général les principaux concernés par sa destruction systématique.

Je ne suis pas loin de penser que tout le mouvement contre le réchauffement de climat (GIEC et cie, tous les intellectuels qu’agitent le débat suscité par les climato-sceptiques) et les climato-sceptiques eux-mêmes, que le débat entre eux servent de couverture aux industries les plus polluantes, au saccage de l’environnement, servent à nourrir le déni concernant ce dernier.

Le mouvement contre le réchauffement du climat a un volet institutionnel. De sorte qu’il entre dans le cadre imparti à la soi-disant liberté de la presse, qu’il dispose d’un relais médiatique. Il est devenu un des thèmes privilégiés des médias qui ont ainsi l’air vaguement indépendants du reste du système. Il est subsidié, encadré par des organismes gouvernementaux.

En même temps, il manifeste une impuissance crasse. Toutes les évolutions récentes vont en sens contraire de ses attentes. Parallèlement à cette impuissance, le système s’entête à faire passer certains activistes, certains écologistes, pour des terroristes. Ne trouvant pas beaucoup de terroristes dans les rangs de ces derniers, l’on en invente. L’on écrit des romans à ce sujet. Tel Le parfum d’Adam de Jean-Christophe Ruffin. On tue des écologistes. On fait des amalgames entre terroristes et manifestants. On tue des militants écologistes lorsqu’ils manifestent contre la mainmise sur l’environnement par de prétendues grandes entreprises privées.
Quelque part les climato-sceptiques forcent ce mouvement à progresser, à évoluer, mais en même temps, il sert à limiter le débat à des questions d’ordre scientifique. Il sert à récupérer politiquement une partie des gens. Il se sert des techniques de récupération politique.

Tout vaut mieux que se soucier de questions politiques.

Le problème est le suivant. Le monde industriel et financier, ceux qui le contrôlent disposent notamment presque à leur gré de la puissance militaire des USA et de ses alliés. Leur puissance est telle qu’il semble impossible, dangereux mortel de les combattre, et inenvisageable de les combattre avec succès, de les vaincre. Cette puissance qu’on peut nommer comme on veut, soit impérialisme, soit capitalisme occidental, ou encore mondialisme. Cette puissance s’évanouirait sans la destruction massive de l’environnement qui lui permet de ne pas recourir systématiquement à la guerre pour imposer ses vues. Et qui lui permet aussi de recourir à la guerre. Ne fut-ce qu’en brandissant la menace environnementale.

Il semble donc tout à fait illusoire de prétendre changer les choses, et pour cela, convaincre cette puissance, autrement que par la voie démocratique, par celle du débat d’idées. Or la démocratie est un régime qui permet au capital de contrôler la société, le pouvoir, les médias, le travail, de réduire ou d’augmenter les revenus de tout un chacun, et même en grande partie ceux du monde lui-même. Elle ne permet pas de la critiquer. Elle invente des crimes pour faire arrêter ceux qui la contrarient. Elle sert plutôt à faire régner les tabous, les interdits qui le sauvent. Elle réduit ses principaux opposants à la clandestinité, et invoque une opposition, en réalité entièrement factice, ou complice. Elle force tout le monde à collaborer avec l’industrie qui procure du travail, qui le réserve à ceux qui la soutiennent.

Les seuls qui osent l’affronter militairement semblent surtout aujourd’hui éprouver surtout le besoin de prendre sa place.

Le problème est politique.

 

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